• L'enfant sussure des mots

    aux oreilles d'un cheval mort

    Le manège tourne doucement


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  • Ici la terre épouse les cieux gris de Mars

    Et Brocéliande enivre le voyageur enchanté
    Partout les fêtes de nuit, partout l'Ankou
    Les embruns chargés de pêches pénibles
    Les pierres géantes qui crèvent la voilure
    Les musiques à l'écoute du vent d'océan
    Et ces passerelles sur une Aulne initiatique


    Latitude Celtie Celtique Celtitude
     

    Le vent pousse sans relâche les balancelles
    Des enfants aux yeux lumières émeraudes
    Ici un navire s'échappe dans la tempête
    Les voiles tentent dans la tourmente
    La manumission d'une terre interpolée
    L'eau pardonne les péchés des hommes
    Qui sont tombés loin de leur champ de pain
    Un corsaire ouvre ses portes souveraines
    Aux aurores vagabondes d'un jour secret
     
    Altitude Celtie Celtique Celtitude

     
    Le vent pousse sans vague les balancelles
    Des enfants de Kérouac et de Milig Ar Scanv
    Ici vit un pays d'allégories sans verbiage
    Où le paludier sans relâche tire le blanc
    Et les mégalithes se souviennent du passé
    Pardon à votre Dieu et vos vêpres encore
    Font vivre aux souvenirs les rythmes d'antan
    Et la goëtie cachée des femmes vengeresses
    D'un esprit malin cherche l'infortune âme


    Attitude Celtie Celtique Celtitude
     

    Le vent pousse sans partage les balancelles
    Des enfants d'Irlande et d'Ouessant la belle
    Ici, l'eau s'épuise sur les rochers séculaires
    Ile de Sein ou bien Portsall, telle une Vénus
    Encore éprise de ses grands bateaux ivres
    Eau d'Amoco, parfum de nitrates gagnants
    Rivières vermiculaires gonflant sans raison
    L'Image surprenante d'une virago travestie
    Chevauchant les derniers setiers ensemencés
     
     
    Habitude Celtie Celtique Celtitude

     
    Le vent pousse sans partage les balancelles
    Des enfants migrants au pays derrière l'océan
    Ici, les fleurs parfument de secrets arômes
    Un vaste pays aux couleurs kaléidoscopiques
    Qui s'échappe derrière les vals sans retour
    Il tombe sur Brest l'ondée de grosse jalousie
    Pure cette terre asiate du templier moderne
    Et brille sur Roazhon la parisienne l'auréole
    Citadine d'une capitale à la verte Bretagne


    Granitoïde Celtie Celtique Celtitude
     

    Le vent pousse sans truquage les balancelles
    Des enfants de Kérouze et de Kernascleden
    Ici, les femmes crient la douleur sans faconde
    Prient pour le mari pêcheur parti vers l'Islande
    Sur les chemins de dunes demandent le pardon
    Qu'une vierge bigoudène dédie à Saint Corentin
    Atlante marine en désespoir du vacuum humain
    Fixant les horizons à la crête des poétiques vagues
    Et doucement elles se bercent en pleurs silencieux
     
     
    Atlantide Celtie Celtique Celtitude

     
    Le vent pousse sans truquage les balancelles
    Des enfants en partance vers l'orpheline destinée
    Ici, le ciel ferme l'horizon sur le fil au couchant
    Et garde en sa mémoire les visages des enfants
    A l'aurore ont pris le chemin du val sans retour
    Je n'oublie pas cette atmosphère humide et grise
    Qui accompagne par-delà les floraisons d'avril
    Le pas lent des vieux chuchotant à un inconnu
    La prière à la vierge Marie et un juron à Dieu


    Humide Celtie Celtique Celtitude
     

    Le vent pousse sans bruitage les balancelles
    Des enfants aux cheveux rouges d'Irlande
    Ici, c'est déjà un ailleurs pour l'autre inconnu
    Ignorant les flots d'hiver emportant le marin
    Ou encore hautain à l'encontre d'un terrien
    Les paysages aux mille facettes éblouissent
    Et envoûtent le voyageur en quête d'images
    De lutins à la recherche d'un Gulliver local
    Ou d'une harpe éolienne éprise d'un silence
     
     
    Acide Celtie Celtique Celtitude

     
    Le vent pousse sans ambages les balancelles
    Des enfants accrochés au bastingage de mer
    Ici, c'est d'hier que demain jaillira la lumière
    Et insoumis à la douceur facile, tels les pères
    Dans ce pays où virevoltent inlassablement
    Gwen ha du la partition jouée par Viviane
    Amour de fiers marins assoiffés d'hydromels
    Dont les mains rageuses caressent ici ou là
    Les cuisses des femmes et puis s'endorment


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  •  

    Tous les matins, je lave la terre
    Dans l'évier.
    Je brosse, râpe et lime les aspérités,
    Je nettoie le sang rouge mêlé d'ocre,
    Je lave les cerveaux crasseux ou pâles
    Trépanés ou bien défoncés.
    Je laisse tremper tous les péchés, à cœur.
    Je rince et laisse sécher les âmes épurées.

    Tous les matins, je lave la terre
    Dans l'évier
    Dans les eaux fumantes et grasses
    Les peaux se mélangent et déteignent.
    Je retire les balles perdues des corps,
    Corps étrangers blottis au cœur.
    Je lave les vies que la mort entreprend,
    Enfants, adultes ou vieillards égorgés.

    Tous les matins, je lave la terre
    Dans l'évier.
    J'essuie les traces de malheurs,
    Quelquefois un sourire sur des lèvres
    Encore tièdes, rondes et belles,
    Une fleur rose cachée dans une main.
    Je lave le vomi des peuples torturés,
    La cruauté des seigneurs ou des vassaux.

    Quand tout est fini, je prends l'éponge
    Je rince et je rince, par routine parfois,
    Là haut, de peur que la bête ne revienne,
    Je lance les scories et les poussières,
    Dans les vents qui balayent l'univers
    De sifflements, d'éclairs et de lumières

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