• Dans mon bateau livre, sirènes mugissantes
    Je vais n'importe où, Brésil de carnaval
    Ou Japon chuchotant après Hiroshima.

    Je vois le jet des vapeurs folles du steamer
    Et ouïs les cornes de brumes aux matins
    Calédonia, me dit-elle, tu te rappelles !

    Je vogue sur les vagues rondes et alertes
    Blotti dans un rêve en bleu, tout en bleu
    Dans la salle sombre des machines hurlantes.

    La caresse de ta main sur ma peau morte
    Le Titanic longtemps agonise puis se tait
    Une porte qui grince et t'annonce enfin.

    Le Chadburn's télégraph vocifère encore
    Mais déjà plus personne ne l'écoute et
    Les corps chaloupent au son d'une harpe.

    Je quitte les comptoirs mouvementés du sud
    Enivré par le parfum des coriandres verts
    Calédonia, me dit-elle, tu te rappelles !

    Des mandarines rondes comme des bombes
    Terre blessée en silence dans l'univers
    Ballons de mes rêves, je me souviens.


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  • Ouvre les yeux sur le masque
    Écoute et parle à l'abstrait
    Et sent la chaleur de la terre
    Quand elle monte fécondée.

    Tire un trait à l'infini
    Et pousse la petite porte
    Ouvre l'univers à l'envi
    Sur un envol d'espoirs.

    Marche sur les chemins
    Hisse les mots de misère
    Largue les rides de ton visage
    Et ferme les yeux à la mort.

    Écoute les secrets de ton corps
    Et tresse tes cheveux en filins d'or
    Hisse ton âme au mât invisible
    Puis vois la pénombre s'éclaircir.

     


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  • Roz Quénibenn s'en va par les chemins
    Des hortensias rouges à la main
    Roz Quénibenn s'en vient à ma main
    Roz, rose rozenn Quénibenn



    Elle est peut être à la pointe de Cosmeur
    Ou bien encore cachée derrière les hortensias roses
    Elle joue avec mon cœur bien trop frêle

    Je lui cueillerai des fleurs parfumées à Roz
    Des hortensias rouges ou des hortensias blancs
    La houle l'emporte vers les îles dorées qui s'égrènent au large

    Elle s'exile souvent dans les ajoncs voilés du matin
    Montagne blanche encore assoupie dans le ventre du vent
    Je la retrouve souvent dans les plis ronds des collines

    Elle ouvre ses yeux de granit irisés et lumineux
    Elle cueille quelques varechs séchés au bord de l'eau
    Puis se confond à la corolle d'une fleur de pommier

    Parfois, elle se fond dans l'émeraude des eaux
    Ou même dans le blanc des plages de sable
    Ses longs cheveux s'évaporent dans une dentelle

    Elle pleure souvent dans les rides des vagues
    Chasse des perles de sel égarées au fond des yeux
    Et soudain laisse flâner un sourire d'ange ou démon.

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  • J'ai tendu un fil,
    arc d'étincelles
    entre lune et soleil,
    Nuit mêlée de jour.
    J'y ai accroché la terre,
    des larmes ont coulé
    le long de rivières,
    et de gorges,en abondance.
    Maintenant,tout est sec,
    désséché puis poussière.
    Le magma soudain stérile
    accouche d'une tombe.
    Eclipse de mon port,
    J'attache un fil.

    Adieu terre.

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  • Jaurès s'effondre et la guerre éclate.
    Les hommes garances, Joffre à la guerre.
    Gallieni presse les taxis automates,
    Nivelle plie au chemin, Verdun vaut l'enfer.

    Cendras laisse un bras dans la casemate,
    Péguy et les autres vers le cimeti-ère.
    Dans les champs de Jean la moisson se dilate,
    Foch à Saint-Gond, des vies dans les tourbi-ères.

    Les hommes vont vers la Marne et se battent,
    Proust écrit toujours, le Goncourt il espère,
    Le rude Clemenceau que le tigre flatte.

    Les mères silencieuses et volontaires,
    Mata Hari, divine puis scélérate !
    A Paris, la môme Piaf met pied à terre.

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